Faut-il repenser le concept de privilège?

Se pourrait-il que des groupes marginalisés aient retourné contre eux la notion de privilège? Alain Deneault questionne le fait que des personnes issues de groupes marginalisées se considèrent — ou sont considérées — comme priviligiées dès lors qu’elles parviennent à pratiquer leur vocation de manière «décente».

Alain Deneault nous met au défi de questionner les glissements de language par rapport au concept de privilège. Ces glissements ont lieu quand des personnes défendant le statu quo usent du terme «privilège» pour taire ceux et celles qui luttent pour des conditions socioéconomiques et professionnelles équitables.

Des artistes masculins et blancs, sous-financés au point de devoir continuellement vendre leurs forces de travail aux agences de publicité ou se consacrer à des emplois strictement alimentaires, vont eux-mêmes s’humilier à se présenter comme «privilégiés». En quoi donc pratiquer sa vocation dans des conditions plus ou moins décentes serait-il un privilège indu?
— Alain Deneault

Alain Deneault. Moeurs: De la gauche cannibale à la droite vandale. Montréal: Lux Éditeur, 2022, 312 pages.

Cette nouvelle a été publiée le 24 mai 2022 sur Nouveau Projet